Toquata

Toquata, l'actualité culinaire commentée par Chef Paul.

Accueil | Conseils Cuisine | Toutes nos recettes | Nos articles

L’actualité culinaire commentée et mise en perspective

Une chronique de la société pour analyser les évolutions de la gastronomie, des métiers, de l'alimentation et de notre rapport à la cuisine.

Produits (13) | Techniques (3) | Tendances (11) | Métiers (7)

Et si la ferme de demain produisait aussi de la viande cultivée ?

Pendant plusieurs années, la viande cultivée a été présentée comme une technologie développée dans des laboratoires ou destinée à être produite dans de grandes usines.
Aux Pays-Bas, une initiative inédite vient bousculer cette vision.

Le 5 juin 2026, l'entreprise RespectFarms a inauguré à Schipluiden la première ferme de viande cultivée au monde, directement intégrée à une exploitation laitière en activité. Mené avec l'éleveur Corné van Leeuwen, ce projet expérimental vise à produire de la viande cultivée au sein même d'une ferme, grâce à des bioréacteurs installés sur l'exploitation.

L'objectif est d'explorer une nouvelle source de revenus et d'imaginer comment ils pourraient participer au développement de cette technologie.
Le site accueillera également un centre de découverte destiné aux agriculteurs, aux chercheurs, aux étudiants, aux décideurs publics et au grand public afin de mieux comprendre les enjeux de cette nouvelle filière.
Le regard du chef :
L'agriculture peut-elle intégrer la viande cultivée ? Depuis ses débuts, la viande cultivée est souvent présentée comme une technologie susceptible d'opposer deux mondes : celui des laboratoires et celui des éleveurs...

L'alimentation moderne corrige-t-elle ses excès plutôt que leurs causes ?

Le 9 juin 2026, la Commission européenne a adopté le règlement d'exécution (UE) 2026/1219 autorisant l'utilisation de l'ester d'inuline-propionate (IPE) comme nouvel aliment au sein de l'Union européenne. Après une évaluation scientifique favorable de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), cette autorisation est entrée en vigueur le 30 juin 2026.

Développé par des chercheurs de l'Imperial College de Londres et de l'Université de Glasgow, l'IPE est une fibre modifiée destinée à favoriser la sensation de satiété. Incorporé dans certaines barres céréalières ou boissons, il permet d'augmenter la production de propionate dans le côlon, un composé naturellement produit par notre microbiote et associé au mécanisme de satiété.

L'objectif est d'aider les consommateurs à réduire spontanément leur apport calorique. Son utilisation est strictement encadrée par la réglementation européenne et son innocuité a été validée par les autorités sanitaires dans les conditions prévues d'utilisation.
Source : Recherches toquata.fr - 07/18/2026 & EUR-lex — Journal officiel de l'Union européenne
Le regard du chef :
Scientifiques, nutritionnistes et autorités sanitaires travaillent pendant des années avant qu'un nouvel ingrédient (pour notre alimentation) puisse être autorisé et réponde à certains enjeux de santé publique. Une...

L'excellence culinaire ne se résume pas aux tables étoilées

Une nouvelle création proposée par une crêperie bretonne (Les crêpes dorées à Quimper) pourrait facilement passer inaperçue, mais Actu.fr toujours à l’affût l'a découverte. Cette crêperie nous démontre que l'innovation culinaire n'est pas réservée aux établissements étoilés.
Chaque jour, partout en France, des crêpiers, pizzaiolos, bistrotiers, restaurateurs, boulangers ou traiteurs imaginent de nouvelles recettes, revisitent des classiques ou modernisent leur carte afin de surprendre leur clientèle.
Ces établissements sont armés d’une grande maîtrise de leur métier, de créativité et de l'envie constante de progresser. L'exemple de cette jeune crêperie quimpéroise illustre parfaitement cette dynamique.
En revisitant le burger sous la forme d'un pancake gourmand, ses créateurs démontrent qu'une idée simple, lorsqu'elle est bien exécutée, peut devenir une véritable signature culinaire.
Source : Actu.fr — Matthieu Gain 28 juin 2026
Le regard du chef :
Ce qui pourrait n’être qu’un simple entrefilet d’un journal régional nous rappelle une évidence parfois oubliée : L'excellence n'appartient pas uniquement aux grandes tables. La restauration française vit grâce à...

Les colorants artificiels bientôt supprimés chez Nestlé : quelles en sont les raisons ?

Le groupe suisse Nestlé a annoncé qu'il supprimerait tous les colorants alimentaires artificiels de l'ensemble de ses produits dans le monde d'ici à la fin de l'année 2026. Selon Reuters (agende de presse mondiale), l'entreprise devient ainsi le premier grand groupe agroalimentaire à prendre un tel engagement à l'échelle mondiale.

Cette décision est le résultat de plusieurs années de recherche afin de remplacer les colorants artificiels par des alternatives naturelles (ou aucune) capables d'offrir les mêmes garanties de qualité, de stabilité et d'aspect pendant la durée de commercialisation des produits. Un défi technique important, car remplacer un colorant ne consiste pas seulement à modifier une recette : il faut également s'assurer que le produit conservera ses qualités visuelles et organoleptiques jusqu'à la fin de sa date de consommation.

Pour Nestlé, cette évolution répond avant tout à une demande de plus en plus forte des consommateurs, qui souhaitent des listes d'ingrédients plus lisibles et une alimentation perçue comme plus naturelle.

Au-delà de cette annonce, c'est toute une tendance de fond qui semble se confirmer. Depuis plusieurs années, les industriels de l'agroalimentaire adaptent progressivement leurs recettes afin de répondre aux nouvelles attentes en matière de transparence, de naturalité et de qualité nutritionnelle.
Source : Reuters 30/06/26 — Richa Naidu
Le regard du chef :
Nestlé abonde dans le sens des consommateurs en matière de colorants alimentaires. Il aura fallu plusieurs années pour que les consommateurs s’attachent plus à lire les étiquettes, à s'intéresser à la composition des...

Les insectes dans notre alimentation : notre palais est-il prêt ?

En quelques années, les insectes destinés à l'alimentation humaine sont passés du statut de curiosité à celui de nouvelle filière alimentaire reconnue par l'Union européenne.
Depuis 2021, plusieurs autorisations ont été accordées pour la commercialisation de différentes espèces, comme le scarabée molitor, le scarabée buffalo, le criquet migrateur ou encore le grillon domestique, sous forme de poudre, de produits séchés ou congelés.

Portée par des arguments nutritionnels et environnementaux, cette filière poursuit son développement. Riches en protéines, nécessitant peu de ressources pour leur élevage et générant beaucoup moins d'émissions de gaz à effet de serre que les élevages traditionnels, les insectes sont considérés par de nombreux spécialistes comme une source de protéines prometteuse pour les décennies à venir.

Si la réglementation européenne évolue rapidement et que plusieurs entreprises françaises figurent déjà parmi les principaux acteurs du secteur, leur intégration dans l'alimentation quotidienne reste encore confrontée à un obstacle majeur : notre culture alimentaire.
Plus que la technologie ou la réglementation, c'est notre rapport aux aliments qui constitue aujourd'hui le véritable défi.
Source : Hugo Struna 22/06/26 — EURACVTIV
Le regard du chef :
L'intérêt porté aux insectes,Riches en protéines, économes en ressources naturelles, présentant un impact environnemental réduit et un enjeu économique peut apporter une partie des réponses aux défis alimentaires des...

Les aliments cultivés : une révolution alimentaire déjà en marche ?

Longtemps cantonnés aux laboratoires de recherche, les aliments cultivés et les nouvelles technologies de fermentation prennent progressivement et exponentiellement une place dans les stratégies des plus grands groupes agroalimentaires.
Un récent panorama publié par Fortune Business Insights met en lumière dix entreprises qui investissent massivement dans ces nouvelles formes de production alimentaire.
Parmi elles figurent des acteurs historiques comme Danone, Nestlé, General Mills, Kraft Heinz ou Ajinomoto. Leurs travaux ne concernent plus seulement les produits fermentés traditionnels comme les yaourts ou les kéfirs. Certaines entreprises développent déjà des produits hybrides associant cellules cultivées et ingrédients végétaux, tandis que d'autres misent sur la fermentation de précision pour produire des alternatives au lait, au fromage, aux yaourts ou aux glaces, sans recourir directement à l'élevage animal.

Ces innovations répondent à plusieurs enjeux : sécurité alimentaire, réduction de l'impact environnemental, adaptation au changement climatique et diversification des sources de protéines.
Pour leurs promoteurs, elles pourraient transformer durablement notre manière de produire et de consommer.
Source : Fortune Business Insights — Fortune Business Insights 08-06-26
Le regard du chef :
Si demain des populations sont confrontées à des catastrophes climatiques, Confrontées à des pénuries alimentaires ou à une forte croissance démographique, les aliments cultivés pourront apporter une partie de la...

Maturation du poisson : innovation culinaire ou effet de mode ?

La maturation du poisson suscite un intérêt croissant dans le monde de la gastronomie.
Popularisée notamment par le chef australien Josh Niland, cette technique consiste à conserver les poissons entiers dans des conditions très strictes de température et d'humidité pendant plusieurs jours afin de modifier leur texture et de développer de nouvelles saveurs.
Longtemps réservée à quelques établissements spécialisés, cette pratique gagne aujourd'hui du terrain dans plusieurs restaurants gastronomiques.
À La Rochelle, le jeune chef Louis Robergeau, du restaurant Marah, suspend ainsi certains poissons plusieurs jours avant leur utilisation.
Selon lui, cette maturation permet de renforcer les saveurs et d'obtenir une chair plus ferme et plus complexe en bouche. D'autres chefs renommés, comme Mauro Colagreco au Mirazur, se sont également intéressés à ces techniques inspirées notamment de certaines traditions japonaises. Les défenseurs de cette approche mettent en avant une meilleure expression de l'umami, une valorisation de certaines espèces et de nouvelles possibilités gustatives. Mais la maturation du poisson continue également de diviser les professionnels. Certains chefs et poissonniers restent attachés au principe de fraîcheur absolue et s'interrogent sur l'intérêt réel de cette pratique. Le débat est désormais ouvert entre innovation culinaire et respect des traditions. Le point de vue de Chef Paul
Source : LIBERATION - Publié le 14/06/2026 — Juliette Deborde, envoyée spéciale à la Rochelle
Le regard du chef :
Maturation du poisson pour ou contre Je vais probablement me faire quelques ennemis parmi les défenseurs de la maturation du poisson, mais je reste très réservé face à cette nouvelle tendance. Je comprends...

De nouvelles indications géographiques pour protéger les traditions gastronomiques françaises

La Commission européenne a annoncé l'inscription de quatre nouvelles indications géographiques françaises

Inscriptions au registre officiel des indications géographiques de l'Union européenne.
Cette reconnaissance - 12/06/26 -concerne le Confit d'oie du Sud-Ouest, le Foie gras d'oie du Sud-Ouest, l'Oie du Sud-Ouest ainsi que le Mothais sur feuille, un fromage traditionnel.
Le regard du chef :
Cette annonce est une excellente nouvelle pour la gastronomie française. Avec plus de 770 indications géographiques reconnues, la France figure parmi les pays les plus représentés dans ce système européen destiné à...