Personne n'a réellement « inventé » le vin: l'Homme l'a découvert.
Cette découverte, vieille d'environ huit mille ans, est l'un des plus beaux exemples de sérendipité de toute l'histoire de l'alimentation : un hasard observé, compris, et progressivement maîtrisé.
Bien avant que les premiers agriculteurs ne cultivent la vigne, la nature fabriquait déjà du vin en mode autonome, il suffit d'observer un grain de raisin mûr, sa peau est recouverte d'une très fine pellicule blanchâtre appelée pruine, qui a plusieurs rôles:
Protéger le fruit, limiter son dessèchement.
Retenir les levures sauvages naturellement présentes dans l'air, telle des levures du genre Saccharomyces, dont certaines sont capables de transformer le sucre en alcool.
Principe: la peau éclate et lorsque le jus sucré entre en contact avec ces levures, la fermentation démarre spontanément.
Entre 8 000 et 6 000 ans avant notre ère, les groupes humains deviennent progressivement sédentaires. Ils récoltent de nombreux fruits, dont des raisins sauvages (Vitis vinifera sylvestris), qu'ils stockent dans des paniers, des outres en peau ou les premières poteries en terre cuite.
Les grains éclatent.
Le jus sucré s'accumule.
Quelques jours passent.
La fermentation commence.
Le liquide se met à mousser.
Des bulles remontent à la surface.
La jarre semble "bouillir".
Une odeur nouvelle apparaît : fruitée, légèrement piquante, inconnue jusqu'alors, face à cette transformation, plusieurs réactions étaient possibles:
Jeter le contenu.
Ou...
Goûter, cette décision allait changer une partie de l'histoire de l'humanité, découverte d’une boisson aux effets... surprenants: euphorie légère, sociabilité entre autres.
Il n'est donc pas étonnant que le vin ait rapidement trouvé une place dans les rituels religieux, les cérémonies funéraires et les fêtes.
une très forte concentration en sucres ;
une acidité naturelle qui protège le moût ;
une peau riche en levures sauvages ;
un jus facilement extractible ;
un équilibre idéal permettant une fermentation spontanée.
Les découvertes archéologiques des dernières décennies ont éclairci cette question.
Aujourd'hui, la majorité des chercheurs situent le berceau de la viticulture dans le Caucase, entre la Géorgie actuelle, l'Arménie, l'est de la Turquie et le nord-ouest de l'Iran.
La Géorgie : les plus anciennes traces de vin connues.
En 2017, une équipe internationale met au jour dans les villages néolithiques de Gadachrili Gora et Shulaveris Gora des fragments de grandes jarres en terre cuite.
Les analyses chimiques révèlent la présence d'acide tartrique, véritable signature chimique du raisin et du vin. Ces poteries sont datées entre 6 000 et 5 800 avant notre ère.
Il s'agit aujourd'hui des plus anciennes preuves connues de fabrication de vin au monde.
Les Géorgiens utilisent encore aujourd'hui d'immenses jarres en terre cuite appelées qvevris, enterrés jusqu'au col., la terre maintient naturellement une température stable, idéale pour la fermentation puis l'élevage du vin.
Cette technique ancestrale est aujourd'hui inscrite au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO.
des cuves de fermentation,
des jarres de stockage,
des pépins,
des rafles (la structure végétale (ou charpente) de la grappe de raisin, sur laquelle sont fixés les grains) , des résidus de vin.
La plus célèbre vient probablement de l'ancienne Perse, selon la légende, le roi Jamsheed conservait des raisins dans de grandes jarres.
L'une d'elles fermenta, pensant que le liquide était devenu dangereux, il fit inscrire dessus : « Poison » Quelque temps plus tard, une femme du palais, souffrant de terribles migraines et désespérée, décida de boire ce prétendu poison pour mettre fin à ses jours.
Au lieu de mourir...
Elle dormit profondément.
À son réveil, ses douleurs avaient disparu.
Le roi goûta à son tour cette étrange boisson et ordonna que désormais les raisins soient transformés en vin. Bien entendu, il s'agit d'une légende.
Peu à peu, les humains comprennent que:
les jarres doivent être fermées ;
le stockage doit être effectué au frais ;
certains récipients conservent mieux le vin que d'autres.
Cette maîtrise progressive de la fermentation constitue l'un des premiers grands savoir-faire technologiques de l'alimentation.
Une invention... que l'Homme n'a jamais vraiment inventée!
Sources INRAP (Fr)
CNRS (Fr)
INRAE (Fr)
National Geographic – Oldest Evidence of Winemaking Discovered at 8,000-Year-Old Village (découverte des plus anciennes traces de vin en Géorgie).
Georgian National Museum – Georgia the Cradle of Viticulture (recherches archéologiques sur les qvevris et la viticulture néolithique).
National Geographic – Earliest Known Winery Found in Armenian Cave (site d'Areni-1, Arménie).
Cette découverte, vieille d'environ huit mille ans, est l'un des plus beaux exemples de sérendipité de toute l'histoire de l'alimentation : un hasard observé, compris, et progressivement maîtrisé.
Bien avant que les premiers agriculteurs ne cultivent la vigne, la nature fabriquait déjà du vin en mode autonome, il suffit d'observer un grain de raisin mûr, sa peau est recouverte d'une très fine pellicule blanchâtre appelée pruine, qui a plusieurs rôles:
Protéger le fruit, limiter son dessèchement.
Retenir les levures sauvages naturellement présentes dans l'air, telle des levures du genre Saccharomyces, dont certaines sont capables de transformer le sucre en alcool.
Principe: la peau éclate et lorsque le jus sucré entre en contact avec ces levures, la fermentation démarre spontanément.
Entre 8 000 et 6 000 ans avant notre ère, les groupes humains deviennent progressivement sédentaires. Ils récoltent de nombreux fruits, dont des raisins sauvages (Vitis vinifera sylvestris), qu'ils stockent dans des paniers, des outres en peau ou les premières poteries en terre cuite.
Le scénario imaginé par les archéologues est étonnamment simple:
les grappes déposées au fond d'une jarre s'écrasent sous leur propre poids.Les grains éclatent.
Le jus sucré s'accumule.
Quelques jours passent.
La fermentation commence.
Le liquide se met à mousser.
Des bulles remontent à la surface.
La jarre semble "bouillir".
Une odeur nouvelle apparaît : fruitée, légèrement piquante, inconnue jusqu'alors, face à cette transformation, plusieurs réactions étaient possibles:
Jeter le contenu.
Ou...
Goûter, cette décision allait changer une partie de l'histoire de l'humanité, découverte d’une boisson aux effets... surprenants: euphorie légère, sociabilité entre autres.
Il n'est donc pas étonnant que le vin ait rapidement trouvé une place dans les rituels religieux, les cérémonies funéraires et les fêtes.
Pourquoi le raisin fermente t-il si bien ?
Il réunit plusieurs qualités exceptionnelles que peu d’autres fruits possèdent :une très forte concentration en sucres ;
une acidité naturelle qui protège le moût ;
une peau riche en levures sauvages ;
un jus facilement extractible ;
un équilibre idéal permettant une fermentation spontanée.
Le berceau du vin : le Caucase
Pendant longtemps, plusieurs régions ont revendiquées la naissance du vin.Les découvertes archéologiques des dernières décennies ont éclairci cette question.
Aujourd'hui, la majorité des chercheurs situent le berceau de la viticulture dans le Caucase, entre la Géorgie actuelle, l'Arménie, l'est de la Turquie et le nord-ouest de l'Iran.
La Géorgie : les plus anciennes traces de vin connues.
En 2017, une équipe internationale met au jour dans les villages néolithiques de Gadachrili Gora et Shulaveris Gora des fragments de grandes jarres en terre cuite.
Les analyses chimiques révèlent la présence d'acide tartrique, véritable signature chimique du raisin et du vin. Ces poteries sont datées entre 6 000 et 5 800 avant notre ère.
Il s'agit aujourd'hui des plus anciennes preuves connues de fabrication de vin au monde.
Les Géorgiens utilisent encore aujourd'hui d'immenses jarres en terre cuite appelées qvevris, enterrés jusqu'au col., la terre maintient naturellement une température stable, idéale pour la fermentation puis l'élevage du vin.
Cette technique ancestrale est aujourd'hui inscrite au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO.
L'Arménie et la première cave de vinification
En 2011, une autre découverte majeure est réalisée dans la grotte d'Areni-1, en Arménie, les archéologues y mettent au jour un véritable atelier de production vieux d'environ 6 100 ans : un pressoir,des cuves de fermentation,
des jarres de stockage,
des pépins,
des rafles (la structure végétale (ou charpente) de la grappe de raisin, sur laquelle sont fixés les grains) , des résidus de vin.
Quand la légende rejoint l'Histoire.
Parce que cette boisson semblait presque surnaturelle, chaque civilisation a imaginé son propre récit.La plus célèbre vient probablement de l'ancienne Perse, selon la légende, le roi Jamsheed conservait des raisins dans de grandes jarres.
L'une d'elles fermenta, pensant que le liquide était devenu dangereux, il fit inscrire dessus : « Poison » Quelque temps plus tard, une femme du palais, souffrant de terribles migraines et désespérée, décida de boire ce prétendu poison pour mettre fin à ses jours.
Au lieu de mourir...
Elle dormit profondément.
À son réveil, ses douleurs avaient disparu.
Le roi goûta à son tour cette étrange boisson et ordonna que désormais les raisins soient transformés en vin. Bien entendu, il s'agit d'une légende.
De l'accident à la science
Les premiers vins étaient probablement très instables. au contact prolongé de l'air, ils se transformaient rapidement en vinaigre.Peu à peu, les humains comprennent que:
les jarres doivent être fermées ;
le stockage doit être effectué au frais ;
certains récipients conservent mieux le vin que d'autres.
Cette maîtrise progressive de la fermentation constitue l'un des premiers grands savoir-faire technologiques de l'alimentation.
Une invention... que l'Homme n'a jamais vraiment inventée!
Sources INRAP (Fr)
CNRS (Fr)
INRAE (Fr)
National Geographic – Oldest Evidence of Winemaking Discovered at 8,000-Year-Old Village (découverte des plus anciennes traces de vin en Géorgie).
Georgian National Museum – Georgia the Cradle of Viticulture (recherches archéologiques sur les qvevris et la viticulture néolithique).
National Geographic – Earliest Known Winery Found in Armenian Cave (site d'Areni-1, Arménie).