Mission impossible combattre les aliments ultra-transformés et leurs ancrage économique
Dans un article publié en août 2026, l’organisation Générations Sans Tabac s'intéresse aux résistances rencontrées par les politiques publiques qui cherchent à mieux encadrer les aliments ultra-transformés.
Je ne place pas cet article dans une démarche personnelle de lutte contre le tabac.
Je m'intéresse ici aux informations publiées par cette organisation parce qu'elles posent une question qui concerne directement notre alimentation, notre santé et, plus largement, notre qualité de vie :
Pourquoi est-il si difficile de mettre en place des mesures permettant au consommateur de mieux connaître ce qu'il mange ?
L'article s'appuie sur une investigation coordonnée par Lighthouse Reports et le Guardian, menée avec des chercheurs universitaires et plusieurs médias internationaux.
Selon les éléments présentés, 239 procédures judiciaires ont été recensées entre 2010 et 2025 dans six pays : le Mexique, la Colombie, le Brésil, les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Inde.
Ces procédures visaient notamment l'étiquetage nutritionnel, l'encadrement de la publicité destinée aux enfants ou encore la taxation de boissons sucrées et de certains aliments ultra-transformés.
L'enquête montre également que plusieurs grands groupes agroalimentaires sont régulièrement impliqués dans ces contentieux. Parmi les entreprises identifiées figurent notamment Coca-Cola, PepsiCo, Mondelēz, Kellogg's, Danone et Ferrero.
L'article souligne cependant qu'environ trois quarts des procédures résolues se sont soldées par une défaite des entreprises plaignantes.
L'article rapporte également que certains chercheurs établissent un parallèle entre ces méthodes et les stratégies autrefois utilisées par l'industrie du tabac : multiplication des recours, contestation des données scientifiques, lobbying, mobilisation d'expertises favorables ou création d'incertitudes permettant de ralentir l'action publique.
Je ne place pas cet article dans une démarche personnelle de lutte contre le tabac.
Je m'intéresse ici aux informations publiées par cette organisation parce qu'elles posent une question qui concerne directement notre alimentation, notre santé et, plus largement, notre qualité de vie :
Pourquoi est-il si difficile de mettre en place des mesures permettant au consommateur de mieux connaître ce qu'il mange ?
L'article s'appuie sur une investigation coordonnée par Lighthouse Reports et le Guardian, menée avec des chercheurs universitaires et plusieurs médias internationaux.
Selon les éléments présentés, 239 procédures judiciaires ont été recensées entre 2010 et 2025 dans six pays : le Mexique, la Colombie, le Brésil, les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Inde.
Ces procédures visaient notamment l'étiquetage nutritionnel, l'encadrement de la publicité destinée aux enfants ou encore la taxation de boissons sucrées et de certains aliments ultra-transformés.
L'enquête montre également que plusieurs grands groupes agroalimentaires sont régulièrement impliqués dans ces contentieux. Parmi les entreprises identifiées figurent notamment Coca-Cola, PepsiCo, Mondelēz, Kellogg's, Danone et Ferrero.
L'article souligne cependant qu'environ trois quarts des procédures résolues se sont soldées par une défaite des entreprises plaignantes.
L'article rapporte également que certains chercheurs établissent un parallèle entre ces méthodes et les stratégies autrefois utilisées par l'industrie du tabac : multiplication des recours, contestation des données scientifiques, lobbying, mobilisation d'expertises favorables ou création d'incertitudes permettant de ralentir l'action publique.
Source :
generationsanstabac.org
— Comité national contre le tabagisme 02/08/2026
Les consommateurs sont-ils convaincu de savoir ce qu'ils mangent ?
Le consommateur dispose, de nos jours, de plus d'informations que jamais : internet, applications, étiquetages, études scientifiques, médias spécialisés...Et pourtant, lorsqu'il parcours la plupart des étiquettes de produits en rayons de supermarché, il lui est difficile de comprendre exactement ce que sont les ingrédients qui composent ce qu’il achète et pourquoi ils y sont inclus .
Parcourir quelle quantité de sucre, de sel, d'additifs contient un produit, nous permet-il de comprendre leurs impact sur notre santé? Le consommateur ne devrait pas avoir besoin d'être nutritionniste pour comprendre ce qu'il met dans son panier.
Informer n'est pas interdire
C'est un point important, informer clairement le consommateur ne signifie pas de lui conseiller ou déconseiller un produit, chacun doit rester libre de choisir son alimentation et de décider de boire un soda trop sucrée, de manger un produit industriel très salé ou d'acheter un plat préparé avec une forte quantité de conservateurs et autres.Mais encore faut-il savoir clairement ce que l'on choisit.
Pourquoi certaines mesures destinées à rendre l'information plus visible rencontrent-elles autant de résistance ?
Un industriel a évidemment le droit de défendre son activité, ses produits et son modèle économique.
Mais le consommateur, lui, devrait également avoir le droit de comprendre, à première vue, première lecture, ce qu'il achète.
Le véritable problème est économique
Une entreprise existe pour faire du commerce, prospérer et générer du profit.Lorsqu'un produit contient beaucoup de sucre, de sel ou/et certains ingrédients susceptibles de faire l'objet d'un avertissement, une information trop visible peut évidemment modifier le comportement du consommateur (surtout depuis les nombreuses mises en garde contre la consommation excessive de sucre et de sel).
C'est ici que l'économie entre directement en collision avec la santé publique, sur un produits un avertissement trop visible et facilement lisible risque d’en réduire ses ventes.
Le gouvernement peut considérer que cet avertissement est nécessaire pour permettre au consommateur de faire un choix éclairé, mais l’industriel préférerait que cet avertissement soit moins décelable.
Les deux logiques ne poursuivent donc pas le même objectif, pour cette raison la réglementation devient un terrain d'affrontement.
Le consommateur est devenu un enjeu commercial avant d'être une personne à protéger
Nous sommes constamment sollicités au même titre qu’un pécheur répand de l’appât pour attirer les poissons :Promotions
Publicités.
Formats familiaux.
Produits destinés aux enfants.
Nouveautés.
Produits toujours plus pratiques et plus désirables.
L'industrie agroalimentaire possède une connaissance extrêmement précise des comportements du consommateur :
Elle sait comment attirer notre attention.
Comment présenter un produit.
Comment créer une habitude.
Comment donner envie de revenir acheter.
L'industrie joue son rôle économique, face à une telle puissance l'information donnée au consommateur doit être suffisamment claire et indépendante.
Pour comprendre de quoi sont composés certains produits, il faut lire une liste d'ingrédients écrite en petits caractères, chercher la signification de certains additifs, comparer plusieurs emballages ou utiliser une application.
Alors, que pourrait-on faire ?
La première piste est évidente : rendre l'information plus compréhensible, un consommateur doit pouvoir identifier rapidement les principales caractéristiques nutritionnelles d'un produit.
La deuxième piste : concerne l'éducation.
Nous avons besoin de mieux apprendre à toutes les générations, à reconnaître les produits simples, à comprendre le contenu d’une liste d'ingrédients, et surtout à cuisiner de nouveau.
Un consommateur qui sait cuisiner possède une forme de liberté supplémentaire, Il peut choisir et comparer ses ingrédients. La troisième piste : consiste à ne plus présenter l'industrie et la santé publique comme deux mondes qui ne pourront jamais travailler ensemble.
L'industrie possède les moyens techniques de faire évoluer ses recettes.
Moins de sucre.
Moins de sel.
Moins d'additifs lorsque cela est possible.
Des formulations plus simples.
L'innovation alimentaire ne consiste pas uniquement à inventer un nouveau produit. Elle peut/doit consister à améliorer ceux qui existent déjà, l’accroissement des ventes sera au rendez-vous, l’amélioration deviendra alors un puissant levier de marketing.
Quand l'information devient un terrain de bataille, il est légitime de se demander ce que l'on cherche réellement à protéger
: Le produit, son marché... ou la personne qui le consomme ?