Toquata

Toquata, l'actualité culinaire commentée par Chef Paul.

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Le chef Bruno Verjus réfléchi à d’autres offres comme de la haute cuisine abordable

Lundi soir 07/09/26, Arte diffusait un programme intitulé « Fuck la planète ». Le mot ne semblait choquer personne.
Alors après avoir lu l’article de actu.fr sur Bruno Verjus, renforcé par celui de l’AFP pour TV5Monde du 09/09/26, je me suis posé une question : Pourquoi ne dirai-je pas « Fuck les étoiles, les notes et les toques ? »
(Aparté : Le mot Fuck pourrait amener une réflexion plus large sur la mondialisation du langage et l'évolution de ce que nos sociétés considèrent comme acceptable de dire. En traversant les frontières linguistiques, certains mots semblent perdre une partie de leur force et de leur caractère choquant.)

Actu.fr révèle que le chef Bruno Verjus a annoncé la fermeture de Table, son restaurant doublement étoilé situé dans le 12e arrondissement de Paris. Le dernier service est prévu le 22 décembre 2026, après plus de treize années d'activité.
Cette décision surprend car Table figure parmi les restaurants français les plus reconnus au niveau international.
L'établissement a obtenu une première étoile Michelin en 2018, puis une deuxième en 2022. Il s'est également classé troisième au World's 50 Best Restaurants en 2024, avant d'occuper la huitième place en 2025.
Malgré cette reconnaissance, Bruno Verjus affirme aujourd'hui que « le fine dining est mort ».
Le chef ne renonce pas à la cuisine, mais remet en question le modèle de la très haute gastronomie, dont les prix et les codes limitent l'accès à une clientèle privilégiée. Son menu unique est actuellement proposé à 480 euros par personne, hors boissons.
Aujourd'hui, le chef souhaite toutefois « avancer et proposer autre chose » et affirme vouloir « nourrir les gens, mais pas seulement quelques personnes ».
Source : actu.fr — Par Thomas Martin 08/09/2026
Le regard du chef

Sans être au casino, devant une roulette, je peux utiliser, dans un autre contexte, l'expression : « Rien ne va plus ! » 500 euros pour se faire plaisir, pourquoi pas ? Encore faut-il pouvoir les débourser.
D'un autre côté, j'ai récemment payé un peu moins de 100 euros pour un menu nul, avec un poisson qui avait dû venir à pied des Halles ou du port jusqu'à la cuisine.

Alors imaginons autre chose, supposons que l'on puisse dépenser 150 euros par personne.
Pas de cristal. Pas d'argenterie. Pas de voiturier.
Mais des produits de qualité, frais, en saison, et principalement locaux, des vins de petits producteurs proposés à des prix raisonnables et un service compétent, sans être ostentatoire.
Je pense que l'expérience pourrait être plus que satisfaisante.

Et si le chef possède le feu sacré, le tour sera joué.

Le bouche-à-oreille se substituera à l’attrait des toques et aux étoiles.

Pourquoi ne pas créer un simple label, sans classement ​ ?

Par exemple : « Plaisir » Un mot qui signifierait simplement de faire plaisir en se faisant plaisir.
On pourrait imaginer une cuisine du chef qui se fait plaisir en faisant plaisir, et un prix permettant de vivre une véritable expérience gastronomique, par exemple entre 90 et 150 euros.

Pas de classement, simplement du plaisir.
Ce « Plaisir » pourrait permettre de répondre à : Que se passe-t-il lorsqu'on a gagné le jeu et que l'on découvre que le jeu ne nous intéresse plus ?
Deux étoiles Michelin.
Troisième meilleur restaurant du monde.
Une reconnaissance internationale.
Un prix qui permet de cibler une clientèle sélectionnée.

Et malgré cela de se dire : « Le fine dining est mort. »

Pourquoi la gastronomie continue à permettre d'accéder à des sommets que certains chefs ne veulent finalement plus habiter.
Au départ, le mécanisme est simple :
Je cuisine bien → les clients prennent du plaisir → mon travail est reconnu → ma clientèle revient et mon restaurant fonctionne.
Puis, avec le temps, le mécanisme peut s'inverser :
Je dois être reconnu → je dois obtenir une récompense → je dois maintenir mon niveau → je dois protéger mon classement → et soudain survient mon regard en profondeur : tout ceux avec qui je voudrai partager mon plaisir de cuisiner ne peuvent financièrement y accéder !

Après analyse de mon ressenti je me dit, je veux de nouveau faire plaisir en me faisant plaisir.

La gastronomie ne devrait jamais oublier que sa première récompense devrait être de voir quelqu'un rendu heureux par ce que vous venez de lui servir.